Randonnee en Islande
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JOUR 5

J’ai plutôt mal dormi cette nuit, la cause est peut-être le sol trop dur qui m’empêchait  de rester sur le côté très longtemps. Je me réveille avec une mal de crane, un cachet d’Advil y mettra fin. Ce matin c’est la fête, je m’offre un thé chaud ! Dehors il pleut en continu… je ne vais tout de même pas démonter la tente dans ces conditions ! Vers 09 :00 , la pluie devient moins forte, en attente de cette occasion, j’avais déjà rangé et fait mon sac. Il pleut quand même pas mal mais bon, je range vite la tente et lève la camp. D’abord couper jusqu’à la route pour l’ascension du col entre la Blafell et la Geldingafell. Il ne pleut plus, c’est sympa. Le sol est bien dur et la progression facile. Finalement, je rejoint la route. Je suis à 300m d’altitude et je dois monter à 600. Malheureusement, la route commence par descendre jusqu'au pont, ce qui m’amène a 250m. Je m’inquiète de ma capacité à grimper ce dévnivellé avec 25 kG sur le dos. Une bonne chose cependant, le vent qui me pousse dans le dos. Mais il commence à pleuvoir sérieusement… Bon je me mets en marche… et contre toute attente, ca se passe très bien, mon seul probème est la douleur au niveau des épaules. J’alterne plein de positions pour réduire cette douleur. En chemin, je me fais dépasser par un couple qui roule en vélo sous la pluie battante, ils viennent des pays-bas. Je me fais également dépasser par une bonne centaine de chevaux Islandais guidés par 4 cavaliers.  Je n’avais jamais vu autant de chevaux ! Bon, j’atteins finalement mon waypoint mais je ne me vois pas du tout quitter la route ici pour installer mon campement : on est en partie dans le nuage, il fait froid, venteux, très humide. De plus, je m’inquiète que les chevaux vus précédemment ne polluent les chevaux du coin. Comme ca monte toujours, j’ai plutôt envie de continuer, je me dis aussi que ce sera sympa demain si j’ai juste à descendre le col. Je continue donc à monter et je vois apparaître des névés, des blocs de neige… je commence à réaliser qui 600m en Islande ce n’est pas comme 600 en Suisse… c’est vrai qu’en Islande on a des glaciers à 1000m ! Le vent devient vraiment fort maintenant. Je me dis que c’est peut-être dû à la géometrie du col. Je continue donc jusqu’au point où cela redescend. Je trouve une petit pente où je peux m’abriter pour consulter ma carte. Je décide de quitter la route et de suivre la Iklap, un ruisseau qui descend dans la directiondu pont où je dois (enfin !) franchier la Hvita. Bon, je commence donc à descendre en faisant attention à rester à droite du ruisseau. Entre temps, le vent et la pluie ont encore forci… je m’encourage en me disant que plus bas, il y aura de meilleures conditions. En fait pluie et vent forcissent encore et je commence à ressentir du froids le long des jambes… c’est mon pantalon qui est en train de me lacher, totalement trempé, imbibé, par la pluie battante. Il faut maintenant que je trouve au plus vite un endroit pour le campement. Mes contraintes sont la route que je ne veux plus voir (et pas être vu, le camping sauvage étant officiellement interdit), un endroit protégé du vent, plat, en hauteur par rapport à l’eau et pas trop loin de cette dernière… Bien entendu, je ne trouve pas de solution satisfaisante à ce problème multicontraint J Au moment où je me dis que je vais faire une croix sur mes contraintes, je réalise soudainement que je suis maintenant en réalité sur une sorte d’ilot.

Comme je n’imagine bien sûr pas camper là pour des raisons de sécurité, j’essaie de traverser le ruisseau de droite mais… il est déjà trop large. Je ne me vois pas du tout mettre mes sandalettes sous cette pluie de furieux, alors je remonte le ruisseau en espérant trouver un gué passable en chaussure de marche. Finalement, j’en trouve un, un peu limite mais bon il y a maintenant urgence. Mon pantalon, chargé d’eau, pèse des tonnes et je m’inquiète pour le reste du matériel (en particulier le sac de couchage). Finalement, je me décide pour une place sur cette belle mousse. Je monte tout sous la pluie en prenant bien garde à arrimer ce qui pourrait s’envoler. Je bloque la tent au sol avec des rochers et je peux enfin entrer dedans en laissant mon pantalon, ma veste et mes chaussures dehors (sous l’auvent). Plus tard, je les accrocheraient sur la tente pour les faire sécher… Je suis frigorifié, je met mon jean (qui est encore mouillé…) je rajoute un pull et je reste là, transi, pendant bien ¾ d’heure. Bon, pour lutter contre une possible hypothermie, je me fais un double bolino achi-parmentier, mangé brûlant pour plus d’effet. Je panique en me disant que la mousse sur laquelle je campe va peut-être se comporte comme une sorte d’éponge…et donc m’inonder, ce qui signifierai que je devrais relever le camp ! Je fais quelques tests et conclu que non, ca a l’air d’aller. Dehors, les rafales sont parfois vraiment violentes maintenant ! L’avant de la tente se couche et vient toucher en partie la toile intérieure. J’espère que ca tiendra la nuit !

Video prise sous la tente (AVI 4.2 Mb)