Randonnee en Islande
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JOUR 7

Cette nuit j’ai pu dormir en caleçon T-shirt sans avoir trop froid, bien différent du campement de Blaffel avec mon double pull… Je ne sais pas si c’est mon bricolage qui a fait la différence car il s’est détaché pendant la nuit. Bon, il faut que je me bouge, la question est de savoir si je peu prendre le car à Hvitarnes. J’appelle les infos du bus (avec le tel sat !), après 10 minutes de discussion je ne sais toujours pas à quoi m’en tenir… La liaison n’est pas bonne et les lieux du coin sont imprononçables à partir de leur écriture donc je n’arrive même pas à conclure avec mon correspondant si le bus passe simplement dans un voisinage de quelques kilomètres ! (il n’a malheureusement pas les coordonnées GPS de l’arrêt, ce qui simplifierait tout). Tout ce que j’arrive à comprendre c’est que le bus emprunte la route F35. Hors la seule route qui soit à proximité est la… F37… dont il n’a jamais entendu parler J N’empêche que le gars est sacrément patient !

Bon j’y vais avant qu’il ne pleuve. Je range tout et je suis prêt à partir. Je décide de couper tout droit pour atteindre le point exact où la route passe « à travers » la Svarta. Je zigzague un peu, ce matin moi et mon GPS on est pas trop d’accord. (il arrive que le GPS oscille de manière un aléatoire autour de la direction à prendre quand on se déplace) Bon, finalement je rejoint la route et peu après j’arrive en vue de la Svarta. C’est un gué… et un beau (voir ci-dessous)

 Il y a des panneaux qui expliquent bien que faut pas se rater. J’adore la phrase sur le panneau : « tire tracks do not tell the entire story ». C’est simple, si je n’arrive pas à passer, je ne sais pas comment rentrer à Reykjavik. Mais c’est si large… je me retourne et je vois des gros nuages de pluie qui arrivent… vaut mieux essayer avant que ceux-là gonflent encore un peu plus la rivière. Cette fois, le grand jeu, j’enlève carrément le pantalon. C’est en slip, sandalettes, chaussures autour du cou et 25 kG sur le dos que je me lance. La pluie commence juste à tomber avec un vent sympa… l’eau est très franchement froide mais j’avance bien. Au moins le courant n’est-t-il pas trop fort. Finalement, j’arrive de l’autre côté, victoire ! Bon j’ai les gambettes qui jouent les castagnettes alors je me sèche comme je peux (sous la pluie…) et je me rhabille. C’est mieux. Je m’aperçois que j’ai la main droite en sang, comprend pas j’ai rien senti. Ca ne semble pas grave, bon (video apres la traversee ci-dessous)

 J’arrive enfin à l’intersection avec la F35 (d’après ma carte) que j’espère ardemment être la F37 annoncée par la compagnie de bus. J’attends là le passage promis vers 12 :30 du bus. En attendant, 2 vélos passent, chacun tire une remorque à une roue. Plusieurs 4x4 (essentiellement Landcruiser et Suzuki Vitara). 12 :30 passent, pas de car. Je m’inquiète beaucoup et puis avoir franchi ce gué pour rien ! Et là soudain le miracle arrive à 13:00 où le car SBA arrive enfin. Je fais le signe du stop et j’essaie (maladroitement) de confirmer ma destination (« Hveravellir » mais n’essayez pas, ça  se prononce autrement…) . Je monte et les passagers me regardent d’un air un peu ahuris. Il est vrai que je dois être spécial à voir, pas lavé, rasé depuis 5 jours avec la tête constamment dans la pluie et le vent pendant toute la journée… Je m’écroule sur un siège. Ouah, top le confort, c’est délicieux ! (c’est pourtant un car très quelconque objectivement parlant). Finalement, on arrive à Hveravellir après ~ 1 :30 de route. Même parmi les campeurs du coin, j’ai encore l’air d’un extra-terrestre (sauf mon voisin de car peut-être qui explique qu’il a du être secouru après avoir été pris dans une tempête de neige… son sac fait 30 kG, c’est pas un rigolo). Bon, je vais à la baraque qui fait office de réception, je paye 200 couronnes le droit de camper et l’utilisation des installations. Je demande à la charmante Islandaise si je peux m’éloigner un peu du camping : Ok. Je m’enquiert aussitôt de savoir s’il y a des dangers particuliers (il y a des nuages de gaz sulfureux qui sortent un peu de partout…). Elle me fait marcher en m’expliquant que, oui, des fois on peut être projeté en l’air par un Geyser. Ok. Je regarde la carte, hmmm il y a un coin sympa à quelques kilomètres de là. J’y vais direct en prenant mes distances par rapport à ce camping un peu trop « urbain » à mon goût (trois cabanes en bois quand même J) . Après ½ heure de marche, j’arrive en face de la plus importante barrière qu’il m’ai été donné de voir en Islande. Pas moins de 6 rangées de barbelés… Et cette barrière se prolonge sur des kilomètres dans les deux directions (à ce moment je réalise qu’elle était bien indiquée sur la carte). De l’autre côté, ca n’est que verdure et ruisseau (pas de vie humaine ou animale visible). De mon côté, il y a le camping, et d’après la carte le reste est constitué de rocs de terre. Je suis un peu déçu car je pensais qu’à Hveravellir, en plein centre des HighLands, dans une région inhabitée et sans grand tourisme, on pouvait jouir d’une liberté totale de déplacement. Bon, je me décide à suivre le ruisseau qui coule en aval du camping et j’arrive à un site qui me paraît vraiment sympa.

Il est encore proche du camping (1 km) mais j’ai apris à ne pas toujours chercher la solution optimale pour le campement. Il fait grand beau, avec pour la première fois depuis mon arrivée en Islande, un ciel presque entièrement bleu. Je prend donc tout mon temps pour monter la tente, puis la re-démonter afin de la positionner idéalement par rapport au vent. Il y a un oiseau qui n’arrête pas de se promener (à pattes) autour de moi en poussant des cris… je ne comprendrais jamais ce qu’il veut J